GR34 : Le “sentier des douaniers” adapté à tous

Le GR34 – ce fameux “sentier des douaniers” – longe la côte bretonne sur plus de 2000 km, de Saint-Nazaire au Mont Saint-Michel (source : Fédération Française de Randonnée). Sur la portion entre Plougonvelin et la Pointe Saint-Mathieu, il dévoile la mer dans une mise en scène toujours renouvelée.

  • Distance : environ 5 km (aller-simple)
  • Dénivelé : moins de 70 m sur l’ensemble du parcours
  • Durée : 1h30 à 2h à allure familiale, hors pauses
  • Niveau : accessible à partir de 4-5 ans (sous surveillance : quelques passages étroits à aborder avec prudence)
  • Points forts : vues panoramiques, patrimoine historique, espace pour marcher côte à côte

Contrairement à d’autres segments plus escarpés du GR34, cette portion bénéficie de barrières et de talus qui éloignent du bord abrupt, tout en gardant la mer présente à chaque pas. Le chemin demeure suffisamment large pour permettre la discussion, les jeux de devinettes, la chasse aux coccinelles ou aux goémons jetés par la marée.

Itinéraire détaillé : Plougonvelin – Pointe Saint-Mathieu

Un départ facile, entre jardin et estran

Le point de départ se trouve près de la plage du Trez Hir, où le GR34 s’engage vers l’ouest. Dès les premiers mètres, la lande s’invite et la mer étale ses couleurs : gris-serpentin les jours de brume, bleu frais dès que le soleil s’installe. Des bancs ponctuent le chemin, idéaux pour des pauses contemplatives ou un fruit partagé.

La variété tranquille entre criques et landes

  • Avant le fort de Bertheaume : Le sentier ménage de vastes vues et évite l’à-pic. Près du fort, l’ambiance change : on sent l’histoire – tours de guet, blockhaus camouflés sous la mousse.
  • La lande d’ajoncs : Aux beaux jours, l’air s’emplit du parfum sucré et sec – souvenir olfactif qui reste longtemps, vêtement ou peau.
  • Des floraisons presque toute l’année : Orchidées sauvages au printemps, fougères vibrantes en été, bruyères en automne… quelques baies sauvages à scruter à hauteur d’enfant (attention, pas toutes comestibles !)

Approcher la Pointe Saint-Mathieu : la majesté tranquille

L’arrivée à la Pointe Saint-Mathieu se prépare lentement : tout d’abord, on distingue le blanc du phare, puis l’abbaye dressée. Les plus jeunes repèrent vite les silhouettes des ruines gothiques. Ici, le vent se fait messager – promesse d’un chocolat chaud au café ou pique-nique à l’abri des murailles.

Points de sécurité et accessibilité : promenade sans souci

  • Sentier balisé : Le trajet est jalonné de marques blanches et rouges, typiques du GR, rassurantes pour les poussettes tout terrain ou les randonneurs débutants.
  • Éloignement du vide : Sur cette portion, la majorité de la marche s’effectue avec une bonne distance du rebord. Quelques escaliers ou passages resserrés sont à signaler, mais ils restent courts et aisés pour des enfants accompagnés.
  • Revêtement : Majoritairement terre battue, herbe, et quelques sections stabilisées.
  • Poussettes et PMR : Le parcours global n’est pas totalement accessible en fauteuil roulant en raison de passages naturels, mais des segments adaptés existent sur la promenade littorale du Trez Hir ainsi que sur la Pointe Saint-Mathieu elle-même (source : Office de tourisme Iroise Bretagne).

La balade en détails : petits secrets du chemin

Histoire vivante à chaque tournant

  • Le fort de Bertheaume : On le croyait imprenable jadis : la presqu’île fut fortifiée au XVIIᵉ siècle par Vauban. On y accède par une passerelle et, avec un peu de chance, une animation estivale plaira aux curieux (voir : historique sur bertheaume-iroise.fr).
  • Blockhaus et vieilles pierres : Par endroits, les blockhaus racontent la Deuxième Guerre mondiale : certains ouverts au public lors des journées du Patrimoine.
  • Pointe Saint-Mathieu : Entre abbaye et phare, tout un pan d’histoire monastique et maritime s’affiche : le phare actuel, haut de 37 mètres, guide les navires depuis 1835 (source : Ministère de la Mer).

Une biodiversité à hauteur d’enfant

  • Oiseaux marins : Goélands, huîtriers-pies, parfois le faucon crécerelle… On y aperçoit aussi, en saison, la silhouette pressée du cormoran.
  • Plantes emblématiques : L’ajonc d’Europe (fleurissant souvent dès février) tapisse la lande ; les immortelles (helichryse) diffusent leur parfum de curry les jours de grand soleil.
  • Rencontres discrètes : L’été, les lézards des murailles fouillent les pierres chaudes. Au petit matin, il arrive d’apercevoir chevreuils ou traces de renards (leurs empreintes fines dans la fraîcheur de la terre).

Conseils pratiques pour une marche réussie en famille

  • Se garer : Des parkings gratuits existent au Trez Hir et à la Pointe Saint-Mathieu.
  • Prévoir le retour : La balade peut se faire en aller-retour, mais il existe aussi des navettes (en saison) et l’option covoiturage via le groupe Facebook “Plougonvelin Blabla Car” (nom vérifié en juin 2024).
  • S’équiper : Coupe-vent ou ciré, même en été : la brise tombe rarement. Chapeau ou casquette pour les enfants – peu de zones ombragées. Prenez de l’eau, il n’y a des points d’eau qu’à chaque extrémité.
  • Respecter la nature : Pas de cueillette d’espèces protégées, ne pas s’écarter du sentier sur les dunes (érosion accélérée depuis 2003 selon le Conservatoire du Littoral).
  • Ramener… des souvenirs et rien d’autre : Les pierres, les immenses coquillages tentent parfois les petites mains, mais laissez-les en place pour préserver l’équilibre fragile du rivage.

Quelques variantes et curiosités à découvrir en chemin

  • Sentier botanique du vallon du Trégor : Un détour verdoyant et didactique, avec panneaux d’information sur faune et flore locales.
  • Plage de Porsmilin : Pour une pause baignade ou pique-nique, accessible via un court détour signalé.
  • Parcours sonore : Parfois, le sentier accueille des installations artistiques temporaires ou bornes sonores retraçant l’histoire locale (voir “Les Voix de l’Iroise”, une initiative du Musée de Plougonvelin).

Marcher avec les enfants : jeux, observations, petites énigmes

  • Jeu des couleurs : Qui trouve le plus de nuances de bleu dans la mer ? Du bleu d’ardoise au bleu turquoise, l’Atlantique est un patchwork mouvant.
  • Deviner les oiseaux : Emporter une petite paire de jumelles et essayer de repérer trois espèces différentes en chemin.
  • “Qui parle du vent ?” : Les enfants adorent écouter “le chant” du vent dans les ajoncs. Qui sera capable de l’imiter ?
  • Collection de cailloux… en photos : Plutôt que de les emporter, photographier le plus original et voter en fin de balade.

Prolonger la découverte : poursuivre l’aventure au fil de la côte

Du GR34, d’autres itinéraires s’offrent, plus ou moins longs, mais toujours avec l’océan à portée de voix. Pour les plus téméraires ou ceux qui ont de plus grands enfants, continuer vers le Conquet permet de découvrir un autre visage de l’Iroise, plus sauvage encore.

À chaque saison, le sentier change, riche de lumières nouvelles, d’odeurs et de textures inédites sous les chaussures : il invite à revenir, à regarder autrement, à ouvrir les yeux sur la beauté simple d’un pas familial vers la mer.

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