Des liens physiques et symboliques
Un duo architectural
La particularité du site de Saint-Mathieu – ce qui frappe le promeneur – c’est ce mariage inouï : le passé et le présent, la spiritualité et la technique, le silence et le faisceau lumineux, côte à côte.
Presque tous les phares de France sont isolés. Ici, la lanterne surgit littéralement du ventre d’un abbaye séculaire : la base du phare touche le chevet roman du XIIIe siècle, fondant les deux édifices dans le même panorama.
Un tableau vaut mille mots :
| Abbaye |
Phare |
| Début au VIe siècleRuines gothiques et romanesLieu d’accueil et de prière |
Construit en 1835Architecture néoclassiqueLieu technique, balise de sécurité |
Les photos d’hier et d’aujourd’hui témoignent de la même alliance improbable : la solidité et la fragilité en une vision unique, prisée des photographes au coucher de soleil.
L’abbaye, premier « phare » du lieu
Bien avant que la balise moderne n’existe, l’abbaye remplissait déjà un rôle semblable, allumant des feux, offrant refuge. Certains historiens considèrent même le monastère de Saint-Mathieu comme l’un des « phares spirituels » de la côte bretonne (source : Phares de Bretagne, Michel Le Goffic, éditions Palantines).
Il existe d’ailleurs un dicton de commandant breton : « On prie pour voir la lanterne de Saint-Mathieu avant la tempête ». L’endroit, presque magnétique, devait sauver à la fois les âmes des marins et leurs navires.