L’eau vive et le pain quotidien : l’héritage des fontaines et moulins
Le rapport au moulin ou à la fontaine, c’est d’abord une histoire d’eau et de nécessité. À Plougonvelin, comme dans tout l’Iroise, les sources et les cours d’eau ont modelé le territoire et structuré le quotidien. Jusqu’au premier quart du XXe siècle, bien avant l’arrivée de l’eau courante, les habitants étaient tributaires d’une multitude de fontaines, puits et petits ruisseaux. Boire, laver, soigner, baptiser – chaque usage avait sa fontaine, souvent protégée par un édicule en pierre ou en granit, parfois ornée d’un saint.
Les moulins à eau, eux, sont indissociables des vallons et des talwegs qui sillonnent le territoire : on les retrouve le long du ruisseau du Minou ou de la vallée de Kergoff, par exemple. Leurs traces apparaissent dans les noms « moulin de… », mais aussi dans le tracé des chemins et la répartition des hameaux. Avant le XXe siècle, on dénombrait au moins trois moulins à eau sur la commune de Plougonvelin (source : Société d'histoire et d'archéologie du Pays d'Iroise).
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Le Moulin de Kergoff : aujourd’hui ruiné et envahi par la végétation, il garde l’empreinte du canal et du bief déviés pour alimenter la roue. Ici, le froment local était transformé en farine pour faire le pain quotidien, base de la nourriture.
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Le Moulin du Minou : dont le souvenir subsiste à travers le vallon encaissé qui court vers la mer, utilisé jusqu’au début du XXe siècle.
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Le Moulin de Toul-al-Lann : ancien moulin situé non loin du hameau éponyme, aujourd’hui disparu mais mentionné sur les cadastres anciens.
À chaque fois, c’est tout un système ancien d’organisation du travail et de partage du territoire qui transparaît derrière ces noms. On peut encore deviner, à qui sait regarder, les murets écroulés, la retenue d’eau camouflée par les saules, la trace rectiligne d’un chemin autrefois emprunté par les charrettes chargées de sacs de grain.