Un pôle spirituel d’envergure régionale
L’abbaye de Saint-Mathieu devint, du XIIe au XVIe siècle, le principal centre spirituel de la « Cornouaille maritime ». Elle était à la fois :
- Lieu de pèlerinage, attirant chaque année des fidèles venus des villages voisins, mais aussi de Grande-Bretagne, de Bordeaux et même d’Espagne, venus prier devant la relique de l’apôtre.
- Centre d’éducation pour les jeunes garçons aspirant à la vie religieuse ou à l’écriture, car l’abbaye possédait un scriptorium (atelier de copie de manuscrits) et une école latine.
- Sanctuaire protecteur des marins, dont les ex-voto témoignent aujourd’hui encore des dangers de la mer et de la vénération populaire.
La bénédiction des bateaux, la messe du pardon, les processions autour du cap rythmaient le calendrier. L’abbaye imposait aussi un calendrier liturgique qui structurait la vie du terroir : jours de jeûne, fêtes patronales, veillées collectives.
La légende, moteur d’attractivité religieuse
La tradition voulait que la relique de saint Mathieu protège les voyageurs et les marins. La croyance dans la puissance protectrice du saint renforçait la cohésion d’une société confrontée à une nature dure — tempêtes, famines régulières, isolement.
Anecdote :
À la fin du XIIIe siècle, les pèlerins prenaient jusqu’à deux jours pour rejoindre l’abbaye depuis Brest, en longeant la côte. De nombreux témoignages anciens évoquent les veillées à la lueur des cierges, ponctuées de chants en breton.